T’es-tu déjà demandé si l’achat et l’utilisation d’un smartphone avait des conséquences sur ton empreinte carbone ? Les retombées environnementales des smartphones sont encore méconnues du grand public, pourtant ils représentent une part non négligeable de l’empreinte carbone mondialeLa vérité qui se cache derrière ces petits écrans n’est pas pour autant affichée et communiquée à cotés des pubs ventant leur mérites et leurs technologies. Pas étonnant quand on s’y intéresse de près… En pratiquement deux décennies les smartphones ont évolué et ont effectué une transition en passant du téléphone au smartphone. Ils sont devenus connectés, puissants, esthétiques pour continuer à satisfaire et surprendre toujours plus les consommateurs. Année après année, des millions de téléphones sont produits et les derniers modèles s’arrachent à des prix eux aussi de plus en plus élevés.

Smartphone et empreinte carbone

Alors oui tu t’en doutes, la conception de ton smartphone ne s’est pas faite si facilement, il a bien fallu polluer pour le produire. Mais connais-tu vraiment les rouages, et le trajet de ton smartphone avant qu’il n’arrive dans ta poche ? Dans quelles conditions a-t-il été produit ? Quel est son réel impact sur la planète ? 

Derrière nos smartphones se cache un véritable fléau environnemental et social, le pillage de matières premières non renouvelables, la raréfaction de pierres précieuses, des conditions salariales douteuses et des tensions géopolitiques. Nous sommes tous désireux devant les derniers smartphones à la mode sans savoir de quoi ils sont fait et les répercussions qu’ils entraînent. 

Qu’y a-t-il dans nos smartphones ? 

La production de smartphones est un véritable désastre environnemental. C’est 50 à 70 matériaux qui sont nécessaires pour la composition d’un smartphone parmi eux : Plastiques, terres rares, métaux ferreux et précieux. Tant de matière pour un si petit objet ? Oui mais ce n’est pas tout au total c’est 70 kg de matières premières qui sont utilisés pour produire un seul smartphone, soit plus de 500 fois son poids…À titre comparatif en 1950 nous avions une douzaine de métaux dans nos téléphones, en 1990 avec les GSM c’était 29. Aujourd’hui nos téléphones sont jusqu’à deux fois plus petits et se composent paradoxalement de deux fois plus de matières premières.

Qu'y a-t-il dans nos smartphones

Pourquoi tant de matière nécessaire pour nos smartphones ?

Quand il y a plus de 20 ans le téléphone servait juste à « téléphoner » en 2021 cette caractéristique est devenue un détail face à la multitude de tâches que ces « mini-ordinateurs » peuvent fournir. Appareils photo, réseau sociaux, GPS, musique, internet, streaming … Ils nous accompagnent quotidiennement dans nos tâches ainsi que pour nous divertir. Ils sont devenus indispensables pour entretenir des liens sociaux professionnels et pour exécuter des tâches dans la vie de tous les jours. 

Toutes ces nouvelles fonctionnalités ont fait augmenter les besoins en matières premières pour fabriquer des smartphones aux performances illimitées.

De plus, la population et le confort de vie mondial augmentent, en 2021 le nombre de personnes utilisant un téléphone portable à atteint près de 5,3 milliards, selon StockApps.com. C’est 1,55 milliard de smartphones qui ont été vendus en 2018 à travers le monde. Les constructeurs doivent faire face à une demande de plus en plus effrénée  pour répondre à cette société de consommation, les minerais sont sur exploités et des conditions environnementales et sociales ne peuvent pas être respectées. 

L’extraction et exploitation des matières premières  : 

Les principaux pays où l’on extrait les matières premières sont : l’Asie du Sud-Est, l’Australie, l’Afrique Central et l’Amérique du Sud. En dehors des dégâts environnementaux dûs à l’extraction, c’est aussi les conditions de travail qui sont dramatiques et qui ne respectent pas les droits humains fondamentaux.

Selon l’Unicef dans les mines du Sud de la République Démocratique du Congo, près de 40 000 enfants travaillent pour les futures batteries et condensateurs de nos smartphones. Le travail dans ces mines n’est pas mécanissé. Sous un soleil affichant les 40°, ils travaillent pendant 12H à la seule force de leurs corps pour un salaire quotidien allant de 1 à 5 $. Souvent équipées modestement, les conditions de travail peuvent être dangereuses et des accidents arrivent fréquemment.

Des conditions de travail qui posent tant problème que l’on les définit comme les minerais de sang (étain, tantale, tungstène et or) sont des matières premières prisées qui se revendent cher et alimentent des conflits armés.  Ces mines jalousées et convoitées sont la cible de groupes rebelles cherchant à les contrôler pour subventionner leurs armes. Ces extractions de métaux et minerais  transforment et modifient l’écosystème notamment à cause des rejets toxiques dans l’environnement, ces gaz à effet de serre polluent air eau et sols.

Des conflits locaux apparaissent aussi dans d’autres régions du monde. Comme par exemple avec la forte pression sur les réserves d’eau au Chili, en Argentine et en Bolivie causé par la production intensive de smartphone. La production de lithium (un métal nécessaire au fonctionnement des batteries de smartphones) entraîne une utilisation massive d’eau, à un tel stade que les populations locales ne sont pas assurées d’avoir accès à de l’eau ce qui entraîne des conflits d’intérêts.

En Chine la production des terres rares se fait à travers l’exploitation du néodyme, utilisé dans la fabrication des aimants de smartphones. Son exploitation entraîne de lourdes conséquences sur la santé des populations locales entraînant leucémies et malformations. Le néodyme génère des rejets d’eaux acides et des déchets radioactifs dans les écosystèmes, ils sont ensuite relâchés dans l’air et entrent en contact avec les habitants. 

Des hectares de forêts et des peuples autochtones sont menacés dans plusieurs pays du monde, au Ghana, Brésil ou encore en Guyane Française. L’extraction d’or, de tantale, de cuivre, de bauxite ou de manganèse, ce sont des matières qui sont précieuses, mais la fin justifie les moyens, il faut détruire l’écosystème sur des milliers d’hectares pour les extraire.

extraction et exploitation des matière première

Et s’il suffisait de savoir pour changer ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu ne pourras plus dire que tu ne savais pas, la fabrication insoutenable de smartphones représente une catastrophe écologique . Nous consommateurs occidentaux causons à l’autre bout des désastres sociaux. Aucun composant n’est extrait en Europe, ils sont conçus et fabriqués loin de nous. La pollution et le travail dur se retrouvent délocalisés dans des pays pauvres où les terres et matières premières sont pillées causant d’innombrables conflits locaux. L’environnement y est saccagé, transformé, ces bouleversements de la biodiversité engendrent des maladies chez les populations locales. On ne peut plus se satisfaire des avantages d’un mode de vie ultra connecté et consumériste sans être concerné par les désastres qu’ils entrainent. Aujourd’hui c’est aux fabricants avec la pression des consommateurs de changer leurs chaînes de production et d’extraction pour garantir les droits humains fondamentaux aux travailleurs et l’approvisionnement de matériaux durables.

Comment avoir le moins d’impact possible sur la sur-production de smartphones ?

Il existe plusieurs solutions simples pour endiguer le fléau de la production effréné de nos smartphones. Partons du postulat de départ que selon l’ADEME “les Français changent de téléphone en moyenne tous les deux ans” parmi eux 88% changent leur téléphone alors que leur ancien marche encore.

Pourquoi changeons-nous notre smartphone si souvent ?

L’obsolescence matérielle agit pour beaucoup sur la durabilité d’un produit,  la batterie ne tient plus, il est trop lent, l’appareil photo n’est plus assez performant, il beug trop… L’obsolescence programmée peut elle aussi vous contraindre à changer de téléphone. Certaines défaillances peuvent être dues à une mauvaise utilisation diminuant la durée de vie de votre matériel. Tant de raisons qui vont vous faire changer de téléphone pour un nouveau smartphone plus récent et plus performant. Mais bien souvent la principale raison, c’est le marketing qui va nous convaincre de changer de smartphone. Un téléphone a une durée de vie d’en moyenne 5 ans si on en prend soin de manière régulière, mais bien souvent notre envie d’avoir le dernier modèle est trop forte. Plus facile à dire qu’à faire, mais il ne faut plus succomber aux charmes incessants des nouveaux modèles plus design, plus fonctionnels, plus légers, plus puissants…

Si jamais tu craques pour un modèle récent, il te reste le choix du smartphone reconditionné !

Acheter reconditionné permet de donner une seconde vie à un smartphone récent et d’éviter le renouvellement du processus d’extraction et de fabrication pour un nouveau smartphone. Pour réduire ton empreinte carbone et réduire ton empreinte sur ton portefeuille opte pour le reconditionné. Il te permettra d’économiser environ 35 kg de matières primaires et 25kg de CO2 nécessaires à la production d’un produit neuf (mais aussi de payer jusqu’à 70% moins cher).

Donne une seconde vie à ton ancien smartphone 

Maintenant que tu as ton nouveau smartphone reconditionné, donne une seconde vie à ton ancien smartphone. C’est près de 50 millions de téléphones qui dorment dans nos tiroirs et parmi eux 2⁄3 fonctionnent encore selon Eco System. L’étape de fin de vie a un rôle clé, si on laisse son ancien smartphone dans un tiroir ou si on le recycle ou encore si on le donne, notre impact sera différent. En le donnant ou même en le vendant, tu vas prolonger son temps d’utilisation, et indirectement avoir un impact sur la production et le renouvellement très rapide des appareils. 

Se débarrasser de son ancien smartphone s’il marche encore 

Si ton téléphone marche mais que tu souhaites quand même le changer essaye de prolonger son cycle de vie. Si tu lis cet article et que tu as un téléphone qui fonctionne, caché au fin fond de ton tiroir, sors-le et donne lui une seconde vie, il existe plusieurs solutions :

  • Tout d’abord le plus avantageux est de le revendre toi-même sur Ebay, Priceminister, Le Bon Coin. Si ton téléphone est plutôt récent et en bon état, tu pourras en tirer une bonne somme. 200 à 300€ de gagner sur des produits allant jusqu’à plus de 1000 €, c’est toujours ça de pris. 
  • Le revendre en boutique est aussi une alternative, tu peux être sûr que l’on te le reprendra même s’il présente plusieurs rayures ou défauts. Tu peux aussi le revendre en ligne avec l’argus mobile qui estime ton téléphone.
  • Si jamais l’argent n’est pas une motivation ou que tu n’as tout simplement pas la motivation de le vendre même en boutique, tu peux l’offrir ou le donner.  Des associations seront ravies de le recupérer pour le mettre à disposition des plus démunis.

Se débarrasser de son ancien smartphone si il ne marche plus 

S’il ne marche plus le champ de manœuvre sera plus limité mais dans tous les cas cela ne sert à rien de garder un smartphone inutile chez toi. On te conseille de lui donner une seconde vie car il renferme de nombreux métaux et matériaux précieux comme nous l’avons vu précédemment. Ces matériaux rares peuvent être recyclés, c’est très simple, certains opérateurs proposent même de recycler ton mobile. Fais un joli geste pour l’environnement et évite à ton niveau l’extraction de nouvelles matières premières. 

Fin de production ne veut pas dire fin de la pollution

pollution numérique

Nous venons de voir les 75% des gaz à effet de serre que produit un smartphone lors de son extraction, sa fabrication et son assemblage final.  Il reste encore 25% qui vont être causés par sa distribution et son utilisation. La pollution numérique est aussi un problème dont on commence à parler. OUI après la production de ton smartphone tu continues de polluer en naviguant sur internet, regardant des vidéos en streaming mais aussi en sauvegardant des données en ligne. Cette consommation d’énergie à grande échelle représente une part importante des gaz à effet de serre mondiaux. On peut appeler ça la boulimie digitale, chaque jour nous passons plusieurs heures sur nos smartphones. On se nourrit de ce qu’internet et notre smartphone ont à nous offrir que ce soit dans le cadre du travail ou pour le divertissement.

On te donne 5 gestes à adopter pour alléger ta pollution numérique.